FINdia

Alors, c’était comment?
Si vous avez lu ce blog, vous savez. Si vous ne l’avez pas lu, lisez les articles de l’Op. Sandindia. Et en bref? C’était fabuleux, déstabilisant, enivrant, et incroyablement enrichissant.
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Le top 3
Hummm.
1 exaeco: les îles Andaman et l’Himalaya. Les îles, c’est le paradis, et c’est une valeur sûre. Les montagnes, ça a été LA surprise du voyage, je ne m’attendais pas du tout à accrocher autant.
2: discerner un tigre camouflé dans son environnement naturel au parc Bandhavgarh, majestueux.
3: les temples de Khajuraho hors saison…on a eu l’impression d’être les premiers à découvrir le site, magique.
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Que penses-tu des indiens?
Question difficile. De certains peuples on peut dire qu’ils sont gentils, fainéants, généreux ou grincheux. Des indiens, je dirais surtout qu’ils sont beaucoup trop nombreux. Et du coup j’ai eu l’impression de voir de tout, partout, comme une représentation de notre monde, dans un seul continent. Le contact était plus facile et bien plus authentique à Dhampur qu’en back-pack. J’ai eu la chance d’apprendre à connaître mes voisins au fil des mois, alors qu’en voyage on revêt malgré nous le costume du portefeuille sur pattes, et les rencontres désintéressées sont rares.
En conclusion, le pays est magnifique, mais il faut prendre le temps, parce que les trajets sont longs, le chaos constant est pesant, et dépendant de la saison la chaleur est accablante. Ne vous imaginez pas qu’avec un petit ventilateur et une bouteille d’eau fraîche le tour est joué, parce que la majorité des patelins un peu paumé n’ont pas l’electricité H24. C’est imprévisible, désordonné, et bourré de charme. Je me suis laissé séduire, et j’ai fait des progrès phénoménaux en patience.
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Village-hopping dans l’Himalaya

Quand on est arrivé à Shimla, station climatique au pied du Grand Himalaya, il pleuvait comme vache qui…se soulage. Ça a duré toute la journée, et comme le parapluie ne faisait pas partie des invités, on s’est partagé un K-way (enfin un sac en plastique), façon Laverne-Hoagie-Bernard (pour ceux qui connaissent le jeu DOTT – wink wink Zey).
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Afin d’optimiser les 5 jours, on s’offre un trek dans la vallée du Kinnaur. Kaku, notre chauffeur-guide, est aussi amical que professionnel.
Chaque étape est plus époustouflante que la précédente, nos chambres d’hôte ont vue panoramique sur les imposantes reines blanches de l’Himalaya. Chaque jour on découvre un nouveau village, de Narkanda a Chitkul, à 40 km de la frontière tibétaine, en passant par Sarahan, Sangla, Karcham, avec toujours plus de temples en bois et toits d’ardoise, de routes vertigineuses, de vallées de conifères. Les randonnées sont parfois ardues, mais la vue est toujours une récompense à la hauteur.
Le dernier jour on aurait bien signé pour encore 3 semaines, si ce n’est pour les ampoules, parce que les marches de 30 km sans chaussures adaptées, ça fait enrager les orteils!
Et comme tout est toujours loin de tout, on fait 9h de voiture, puis 9h de bus pour atteindre Dehradun, d’ou on attend un train de 6h pour rejoindre Delhi.
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Shere Khan, Kama Sutra et lieu caché

Shere Khan au reveil

C’est un deuxième rêve réalisé. Le premier était d’aller sur une île. Avec l’escapade aux Andaman, c’est chose faite. Pour le deuxième, jéetais dans une jeep lors d’un safari dans le Bandhavgarh National Park. La réserve compte 34 mammifères et le tigre est le premier que nous ayons aperçu à travers les feuillages à 6h du matin. Plus tard, nous avons aussi vu son dîner, Bambi, ou plutôt un troupeau de Bambis. Mes yeux fatiguaient à force de scanner la forêt et scruter les buissons, mais nous avons aussi débusqué de très beaux oiseaux, des sambars et des singes.
Au final il faut bien avouer qu’après 8 heures de jeep (de 5h a 9h et de 15h a 19h) si je n’avais pas vu de tigre j’aurais pesté (je sais c’est mal, mais faut pas charrier, chez nous aussi il y a des biches et des oiseaux ;-). Mais après avoir pu admirer la panthera tigris, mon sourire a tenu 8 heures facile.

Karma Sutra

De Khajuraho je n’ai pas grand chose à dire. Par contre j’ai beaucoup à montrer! Tous les voyageurs que j’ai croisé s’accordaient à dire qu’ils avaient vécu ici le pire harcèlement touristique. Nous sommes arrives méfiants, et repartis enchantés. Hors saison le village est paisible, et même si les commerçants font tout pour aimanter nos roupies, ça n’a jamais été énervant au point d’être désagreable. On a même fait quelques rencontres fort sympathiques, de celles qui sont dénuées de tout intérêt économique (ou presque).
Les temples de la dynastie des Chandela, érigés il y a plus de 1000 ans, sont étonnamment bien conservés. Recouverts de statues érotiques (et plus si affinité), ils ont le mérite d’offrir une visite surprenante, le but des Chandela ayant été de représenter le bodha – plaisir physique -, allié essentiel du yoga – exercice spirituel – pour atteindre le nirvana.

Cachés

Nous sommes maintenant à Orccha, « lieu caché », un tout petit village construit autour des nombreux temples, palais et cénotaphes datant de l’époque ou les rajas Bundela en ont fait leur capitale. La visite du palais principal offre un décor idéal pour le prochain James Bond. Nous avons joué à cache-cache avec le seul autre touriste dans l’enceinte (un espion, assurément!)

Le paradis avec un A

Si je vous dit cocotiers, plages de sable blanc, eau turquoise et poissons tropicaux, ça fait cliché. Alors je vais plutôt vous raconter qu’on est hors-saison, que donc il ne fait pas (tout le temps) beau, que du coup on a ces paradis perdus pour nous seuls, que même sous la pluie c’est superbe, ça fait même ressortir la jungle luxuriante.
Du coup pas le temps de s’ennuyer: on fait des chasses au trésor de coquillages, on organise une course pour les Bernard l’Hermite, on guette les crocodiles près d’une cascade, on s’enfonce dans la jungle sur les traces des éléphants, on tombe en panne d’essence et on (enfin Steph) pousse le scoot sur 3 km, on sauve un dauphin blessé pris au piège à marée basse, on boit l’eau de coco à même la noix, on body-surf des petits tubes parfaits sur une plage appelée N#5, on sert de casse-croûte aux moustiques affamés, on traîne sur les ponts des bateaux d’île en île, on essuie une pluie de mousson tout équipés, on fait notre baptême de plongée (je suis accro)…bref, les îles Andaman nous gâtent.

…S…&…S…
Butler Bay, Little Andaman
Manish, notre moniteur de plongee chez Barefoot Scuba
Radha Nagar Beach, Havelock Island
 

Paisible et humide demeure

Shantiniketan. Depuis la gare de Barddhaman à 12 heures de train de Varanasi (14h donc), le village est sensé être facilement accessible par un train « express » de 45 minutes. Mais quand ce train (et tous les autres dans la même direction) est annulé 5 minutes après que j’ai acheté mon billet, ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué. Déjà, se faire rembourser le billet est une affaire de volume de voix et élasticité du bras. C’est à celui qui parvient à se faire entendre en tendant son billet au guichetier à travers la mêlée tout en espérant que la monnaie rendue atterrisse dans la bonne main. Une fois cette étape passée, direction la gare routière. La-bas l’employé du service de bus publics est catégorique, il n’y a pas de bus pour ce village. Pas maintenant, et pas plus tard. Pas demain non plus. Impossible de savoir si la route est bloquée, s’il y a une grève, si le village a disparu de la carte dans la nuit. En persévérant, je finis par trouver un bus « privé » qui s’y rend. Manque de bol on doit changer de véhicule à mi-chemin, et je me retrouve plus serrée qu’un œuf de caviar en conserve pour les 2 heures restantes. A 80 dans un bus (sans compter les gens sur le toit) et par 40 degrés, je me liquéfie littéralement. Quand on atteint enfin Bolpur, l’arrêt final à 2 km de ma destination, il fait déjà nuit.
Dans le bus j’ai rencontre Sabir, un artiste peintre, et il connait des étudiantes qui peuvent me prêter un lit. Le lendemain Sabir me fait visiter Shantiniketan, construit plus ou moins autour de la grande et prestigieuse université fondée par Rabindranath Tagore en 1901. Le campus verdoyant abrite quantité de fresques, sculptures éclectiques, et singes!
Le soir Sabir invite quelques amis et cuisine un poulet Biryani, m’offrant au passage une expérience des plus authentiques.
Je reprends la route le lendemain pour Kolkata.
S&S = J-1.

Une des œuvres de Sabir