Springtime in Montreal

La première chose qu’on remarque, c’est qu’il n’y a plus de neige. La seconde, c’est qu’il y a une ville sous toute cette neige!!! Qui l’eut cru!
Ci-dessous une petite série de photos de l’arrivée du printemps. Les 3 premières ont été prises hier lors d’un shooting pour un projet appelé « Tourisme Montréal ». Les suivantes ont toutes été prises au hasard d’une balade.

Et non je ne fais pas exprès de me la péter en disant « shooting ». Quand je dis tournage, c’est qu’on filme. Quand je dis shooting, c’est qu’on prend des photos. Je sais, c’est le même mot traduit, mais le fait que nous français manquons cruellement d’imagination pour traduire n’est pas nouveau.
Ici on dit shooting pour tout, c’est encore plus simple.

Façades victoriennes sur Sherbrooke Est
Façades victoriennes sur Sherbrooke Est
Une des entrées de Chinatown
Une des entrées de Chinatown
Le parc Lafontaine...A côté de notre set-up, deux guitaristes jouaient du Django Reinhard. Les pigeons mâle coursaient les femelles au bord du lac (c'est le printemps...). La musique en live donnait à leur manège de séduction un air franchement comique.
Le parc Lafontaine…A côté de notre set-up, deux guitaristes jouaient du Django Reinhard. Les pigeons mâle coursaient les femelles au bord du lac (c’est le printemps…). La musique en live donnait à leur manège de séduction un air franchement comique.
Sur le shooting, dans une ruelle du Vieux Port.
Sur le shooting, dans une ruelle du Vieux Port.
Statue du Square Victoria aux couleurs des "Canadiens de Montréal" (quel nom original!), l'équipe de hockey sur glace.
Statue du Square Victoria aux couleurs des « Canadiens de Montréal » (quel nom original!), l’équipe de hockey sur glace.
Mélange si typique de l'ancien et du neuf sur Saint Antoine
Mélange si typique de l’ancien et du neuf sur Saint Antoine

La vague du Saint Laurent

Un spot de surf dans le Saint Laurent, ça vous fait rire ? Pourtant tous ceux qui sont passés à Montréal en ont généralement entendu parler…On est allé voir pour nous-mêmes.
L’expédition comprend une longue balade qui longe le port…on a vu plus glamour comme promenade, le port de Montréal ayant une allure d’usine désaffectée. Mais une fois le beau crochet accompli, on arrive à la curiosité architecturale de l’île, Habitat 67. Ce sont des appartements de luxe, logés dans un bâtiment cubique volontairement gardé couleur béton fraîchement coulé. Les formes rappellent vaguement notre bon vieux CIV, en terne.
Le spot se trouve juste là, on y accède par un petit chemin derrière le terrain privé d’Habitat 67. Et c’est vrai que c’est impressionnant. 15 mètres en aval, le Saint Laurent est calme. 15 mètres en amont, le même calme plat. Mais à un endroit, quelques vagues se succèdent, peinant à démarrer ou moussant timidement. Les surfeurs nostalgiques s’acharneraient donc à pratiquer cette vague statique….On n’en a pas encore la confirmation, parce que notre expédition a eu lieu en fin d’après-midi hier, que le spot était à l’ombre, l’eau à moins de 10° et le remous trop calme. Mais le matin, il paraît qu’il y a plein de canards en combinaison.

Habitat 67, où un Rubik's cube décomposé
Habitat 67, où un Rubik’s cube décomposé
Les premiers remous,et la biosphère de l'Ile Sainte Hélène en fond.
Les premiers remous,et la biosphère de l’Ile Sainte Hélène en fond.
L'improbable wave
L’improbable wave
Sunset sur Montréal
Sunset sur Montréal

Empreintes d’été dans la neige

Il est 20h17, une odeur d’été flotte dans l’air. Un petit vent frais rappelle étrangement la brise de bord de mer, la nuit tombe doucement. Il fait 14°, on découvre des parcelles de peau encore bien camouflées hier. Je marche vers le métro humant le parfum de l’air qui se réchauffe….et je tombe sur des piles de neige. Certaines si petites qu’on dirait qu’elles tentent de passer inaperçu, d’autres si grandes que pour sûr elles veulent se faire remarquer!
Je ne sais quelles surprises me réserve Montréal dans les semaines à venir (encore du soleil? une dernière tempête?) mais ce soir ce petit bout d’été coincé entre deux piles de neige m’a mis l’eau à la bouche.

***

Parlons orteils. Parce qu’aujourd’hui, mardi 22 avril, et par 25°, c’est leur première sortie aérienne en « gougounes » !!! Traduction : je suis enfin passée aux tongs :-)
Je fais des jaloux ? Tant mieux ! Les azuréens sont mal placés pour se plaindre. Quant aux parisiens…ma foi j’ai vécu ce que vous vivez mes amis…je vous comprends ! Et je ne vous dirai pas avec un ton condescendant que la pluie cessera bientôt, parce que vous savez aussi bien que moi que ce n’est pas vrai! Allez j’arrête. Mais j’ai bien le droit de vous faire la nique à mon tour, maintenant que je ne suis plus ensevelie sous la neige.
Pour ceux qui lèvent un sourcil, je confirme…oui oui on est bien passé de -10° à +15° en deux ou trois jours. Les québécois sont habitués à ces contrastes…la météo est toujours leur sujet de conversation préféré. Que je sois en train de payer le « dépanneur », que je discute en attendant le bus ou que je passe un entretien, le salut est systématiquement suivi d’un commentaire sur la pluie et le beau temps. Du coup j’ai mes réponses toutes prêtes « c’est fort agréable ces températures ! Oui on souffle un peu ! Pourvu que ça dure ! Ah oui le soleil ça change tout hein ma bonne dame!! »

premières sandales

Parc Tam-tam, ces années 70 qui n’en finissent pas

Dimanche nous sommes allés aux Tam-tams du Mont Royal. J’aimerais vous dire qu’on a été guidé par l’écho des percussions (parce que ça sonne bien) mais ça ne serait pas tout à fait vrai. Après une belle traversée du parc (et quelques cloques, parce que les premières ballerines de la saison font toujours ça) nous arrivons dans une véritable marée humaine. Pas difficile de trouver la source de cette foule…elle est au pied de la statue sur la place Georges-Etienne Cartier (voilà comme ça si d’autres se demandent où est le parc tam-tam, je leur épargne les cloques :-)
Et là, c’est un authentique « revival » de la révolution Peace & Love. Tout le monde il est beau (enfin, à l’intérieur tout du moins) et tout le monde il est gentil. Les percussionnistes s’en donnent à cœur joie, ça tape au centre, sur les côtés, aux alentours de la place…là vous vous dites : wow le capharnaüm! Je sais, je me suis dit ça moi aussi. Et bien pas du tout, les amateurs s’accordent sur les plus pros au centre de la place, et le tout est saisissant. Que ceux qui pensent que je n’ai été sensible aux « rak baaam » que parce que Stéphane pratique se ravisent. Bien sûr il a joué, bien sûr c’était top (en témoignent ses quelques cloques, parce que la première session de la saison fait toujours ça)…mais c’est l’ensemble qui est prenant. La foule ne fait pas que de la figuration. Certains dansent, d’autres tentent désespérément de faire entendre leur flûte, guitare, triangle, trompette…
C’est bien agréable de voir une ville faire la fête, et encore plus agréable de savoir que cet événement a lieu tous les dimanches de beau temps !
Prochaine découverte dominicaine : le piknic-electronik. Vous l’avez deviné, Montréal l’été et Montréal l’hiver, c’est le jour et la nuit, Dr Jekyll and Mr Hyde !!

Bon la vidéo est de piètre qualité, mais je vous assure que ce n’était pas un « total mess!! »

Tu t’es-tu sucré le bec?

Tradition québécoise, la cabane à sucre est le temple du sirop d’érable. Incontournable donc, et fortement recommandée, cette activité n’a pas seulement pour but de battre encore un record d’ingurgitation de calories, c’est aussi une immersion au cœur de la récolte de l’or en bouteille.
Dimanche dernier, Chris, Steph&I avons loué une voiture pour nous rendre au Domaine St Simon, à un peu plus d’une heure de Montréal à l’est. Après une belle traversée de la campagne québécoise (plate, et blanche) nous avons bien dû nous avouer perdus. Premier arrêt dans le village de St Simon pour interroger le seul homme visible à plus de 2 km…Malheureusement nous avons compris 1 mot sur 6 : « c’est t’y ben qu’tu tournes à drouéte au flasheur, pis l’deuxiéééme rang d’là… » Uh huh, merci!  Deuxième tentative…à peine plus déchiffrable, nous avons osé faire répéter le pauvre homme trois, quatre fois. Mais ça a payé ! On a pu trouver du premier coup après ça.
Le déjeuner-brunch au Domaine sera une belle récompense. Grande tablée, plats à volonté (aïe aïe aïe…), tout est copieusement arrosé de sirop d’érable : les œufs brouillés, les patates, les saucisses, le jambon, les oreilles de crisse, le pâté, la salade coleslaw…en dessert ils nous servent des grand-pères : une sorte de pâte frite dans du sirop d’érable et servie dans son jus. Arrivés au café on avait (passez-moi l’expression) les dents du fond qui baignaient…mais la serveuse nous convainc qu’il reste ben un peu d’place pour la tire à la neige !! Et là on se regarde, et on doute. La tire à la neige…un tour de luge ? Sans luge peut-être ? On va chasser des écureuils ? NON…la tire à la neige (ou la neige à la tire comme s’obstinait à dire Stéphane) ce sont des sucettes d’érable. Des boules de sucre pur, en d’autres termes. Claude, le cabane-à-sucrier, verse des petits pâtés de sirop sur la neige, puis avec un bâtonnet on enroule la pâte pour la sucer.
S’en suit la balade autour du domaine sur un char tiré par des chevaux (canadiens, naturellement) et la révélation du secret de la récolte :
Les acériculteurs collectent l’eau d’érable au début du printemps, pendant le dégel. Toute la sève gelée est montée pendant l’hiver, et elle coule en se réchauffant. L’eau d’érable est ensuite portée à ébullition, pour en extraire les quelques pour-cents de sucre pur. Il faut environ 40 litres d’eau d’érable pour 1 litre de sirop. La couleur et la viscosité dépendent de l’arbre et de la technique d’ébullition.
Nous avons quitté le domaine peu avant 4h et avons repris la route en direction de Trois-Rivières, au Nord de Montréal. Initialement fréquentée par les algonquins, Trois-Rivières est la 2ème plus ancienne ville du Québec. Son nom est né d’une illusion d’optique. Il fait référence aux trois canaux que la rivière St Maurice forme à son embouchure avec le fleuve St Laurent.