Conter fleurette

Il m’aime : un peu, beaucoup, bla bla bla…

(ou quand Sandie découvre les GIF animés, qu’elle se garde bien de semer à tout bout de champ car beaucoup d’autres le font déjà, et bien mieux qu’elle)

Lost in translation : One, two, three, four, five, sex

Lost in translation…

Quelqu’un m’a dit un jour que le meilleur moyen de reconnaître un kiwi est de lui demander de prononcer le chiffre 6:
– Sex?
– no, SIX.
– Yeah, sex.
– Ok, how many fingers am I holding up?
– Sex.
– Uh huh…ok. So how do you call it when two (or more) people copulate?
– Six.
– Riiiight…

Samedi soir. Steph travaille, et moi je n’ai pas envie de passer ma soirée en solo à l’appart’. Je passe au ciné, rien de croustillant à l’affiche. Je m’arrête dans un théâtre sur mon chemin.

– Hi, I’d like a ticket please.
– Sure, for which show?
– Well what do you have?
– We have the Vienna Boys Choir, or The Six Show.
– The Six Show?
– Yeah. It’s a comedy. Tickets are $20. Very popular here in New Zealand!
– How much is the choir?
– 102$.
– Ok, I’ll try The Six Show.

A ce stade, j’avoue que je suis perplexe. The Six Show? Mais qu’est-ce que c’est que ce titre? Une pièce avec six personnes? Un spectacle sur la symbolique du 6? La vendeuse me tend mon ticket. Au même moment, je découvre l’affiche:

Uh oh…Je scanne le public qui attend d’entrer dans la salle. Que des adultes (jusque là rien de surprenant, le show est interdit au moins de 18 ans). Cependant je ne fais pas de différence entre les gens qui attendent pour entendre chanter les petits viennois et ceux qui s’apprêtent à rire du coït simulé sur scène par pas moins de 19 acteurs à moitié nus.

Comme j’ai acheté ma place à la dernière minute, j’ai la chance de me retrouver au premier rang. A côté de moi, un couple d’australiens engage la conversation:

– Vous vous rendez compte de la chance qu’on a de se retrouver au premier rang?
– Pas bien non…mais il faut dire qu’il y a encore sex minutes je ne savais pas ce que j’allais voir.
– Ah vraiment?
– Non, j’avais compris le SIX show, comme le chiffre six.
– (éclats de rire) Excellent! Tu entends chéri? Tu n’auras qu’à répondre ça quand les enfants demanderont ce qu’on est allé voir.

Le résultat est effectivement hilarant. Avec un décor – et des costumes – limités, les acteurs interprètent différents personnages, déployant tout un éventail de profils, de fantasmes et de situations, le but étant fort heureusement toujours d’en rire.

Rien de tel qu’un petit extrait de l’interview du metteur en scène Joel Herbert pour mieux comprendre que je ne me suis PAS rendue à un spectacle porno:

[quote]Sexe. En tant qu’espèce, nous le pratiquons depuis un certain temps maintenant. Et pourtant, nous avons réussi à transformer le plus naturel des actes en une poudrière psychologique et politique. Nous avons accumulé en son nom les apparats et les tabous de la société moderne. Cette pièce traite de ces tabous avec humour. Ce spectacle est un instantané de la psyché sexuelle en Nouvelle Zélande aujourd’hui.[/quote]

Tout de suite, ça fait plus intello, non? Et ma foi oui, on peut appeler ça une expérience culturelle.

Les 29 du 19

Vous qui avez pensé à moi ce jour-là, avez le droit, (oui le droit!) de savoir comment j’ai rempli ma journée de kiwi.

D’abord j’ai marché. Beaucoup marché. Parce que j’avais envie de mériter le dîner. S&S a jeté son dévolu sur l’île de Motutapu.

On a failli y croiser des hobbits. Ils devaient être partis chasser (ou boire un coup).

Ce piwakawaka était épatant. Il nous a suivi sur des centaines de mètres (minimum) loin de son nid. Que dis-je suivi…devancé! Il nous tournait autour, nous passait devant. On a d’abord cru à une attaque (et on a eu peur), puis à un jeu (et on a ri), enfin à un message (et on a réfléchi).

Steph m’a cueilli cette jolie fleur, mais on ne sait pas comment elle s’appelle tellement on est nul en noms de fleurs.

Là, clairement, je suis contente. J’ouvre mes bras avec les doigts écartés, ce qui symbolise le besoin et l’envie d’embrasser le paysage (je chante la vie, je danse la vie).

Une Sandie enthousiaste, ça sautille. Un Steph pro, ça prend la photo au bon moment du premier coup.

On a déterré (trouvé) des os, que l’on s’est plu à attribuer à des papous clandestins échoués là il y a quelques centaines d’années.

Ô fruit du hasard, cette superbe petite île a une baie qui s’appelle Sandy. Ça ne s’invente pas!

Comme tous les 19 septembre dignes de ce nom, celui de 2012 ne déroge pas à la règle. Il est à marquer d’une pierre blanche (d’un bâton dans le sable).

On a effectué un parcours du combattant, en décidant de longer la côte plutôt que prendre le chemin qui la suit (les chemins, c’est pas trop notre truc). Là par exemple, on pouvait passer sous la branche, sur la branche, autour de la branche…

On a pique-niqué à la pointe nord de l’île (des sandwiches grand luxe, jambon de pays (mais lequel??), brie, chutney d’oignons confits). Comme on savait qu’une photo des sandwiches vous rendrait jaloux, on a préféré prendre le drop-off de la falaise.

Là ce que vous voyez, c’est un troupeau de taureaux relativement nerveux sur notre chemin. Mais qu’importe, on l’a dit, on n’aime pas les chemins.

Ça c’est un champ de moi. Ça ne se voit peut-être pas bien, mais ces fleurs avaient l’incroyable capacité de prendre la couleur de ma veste.

Avec lui, j’ai eu un petit problème de communication. J’ai voulu dire mêêêêê mê mêêê pour « c’est mon anniversaire », mais j’ai inversé les mê, et je crois qu’il a compris « tu es mon adversaire ».

On aurait aimé se perdre un peu dans cette réserve. Mais quand on a eu le choix entre droite et gauche, on a pris celui qui retournait à la sortie…dois-je le répéter? Les chemins, c’est pas notre truc!

Cette fois notre timing était au poil, et nous n’avons pas eu besoin de galoper pour attraper le dernier bateau.

Permettez-moi de vous dire que la douche qui précède cette photo était une des meilleures depuis longtemps! A gauche, les fleurs posées sur mon bureau par le couple écossais avec qui nous colocatons, Fiona et James. Au centre, mon cadeau, un hoodie ultra confort, pièce manquante dans mon attirail de back-packeuse.

S&S est sur son 31 (non 29!) pour sortir dîner.

Vous voyez les vitres en haut de la tour? Dans un petit instant, on sera derrière.

Et là, surprise, nous sommes aux premières loges pour voir un beau feu d’artifice tiré depuis la mer…Stéphane a vraiment des amis partout! Il m’épate cet homme!

Oui je sais elle est floue, mais avec le flash on ne voit pas la ville derrière, et ça franchement, ce serait dommage.

Non, ne regardez pas la bougie (ni ma tête fantomatique). Regardez la « cerise sur le gâteau », ou plutôt la petite perle de sucre. Une perle bien lisse, bien nacrée, et puis finalement pas si sucrée…

…une perle noire venue tout droit de Micronésie. Le genre de perle qu’on soupèse dans la paume de la main, et qu’on ne lâche plus! Une pure merveille. A côté, une queue de baleine gravée dans un coquillage, à porter en ras du cou.

En rentrant, pour clôturer une belle soirée et un délicieux dîner, James m’avait cuisiné une délicatesse d’annif. C’est ce qu’on appelle être gâteau! Euh gâtée!