Joujow

C’est avec une immense joie (rien de moins) que je vous présente Joujow, le joujou de Jow. Oui Jow. Pas Jaw, ni Joue, ni Djaou, mais JOW. Ça vient de chou à la base. Mais il y a des années de cela, ma grande soeur Zey à anglicisé le chou, devenu Jow. Byo et Loy ont approuvé et voilà comment c’est rentré dans les moeurs cabroliennes. M‘enfin si ça vous intéresse tant, ça fera l’objet d’un post séparé parce qu’on n’est pas là pour parler surnoms.
 
On est là pour parler joujou. Et plus précisément joujou bijou qui fait de (très) jolis jeux de jumière (Ouh la la j’ai un « j’veux » sur la langue…)
Depuis le temps que j’en parlais…quelqu’un a voulu me faire taire. C’est réussi, mon vocabulaire depuis hier se limite à « clic ».
 
Joujow est beau, léger, maniable et très câlin, il reste sans arrêt collé à mon torse. Joujow ne demande rien mais voit toujours ce que je veux dire. Joujow est sensible, il capte mes humeurs. Joujow est ambitieux, il a deux objectifs: voir grand et voir loin. Joujow est courageux, il n’a pas froid aux yeux.
En bref, Joujow est le compagnon de (presque) tous les instants. Et heureusement car il faut bien l’avouer, Joujow m’a coûté les yeux de la tête. Alors pourquoi?! Avais-je les yeux bien en face des trous? Mais oui mais oui! Dois-je vous rappeler que quelqu’un a eu 29 ans il y a 10 jours? Et que ça, ça se console fête! Non mais.
 
Ci-dessous les premiers instants de Joujow.
 
Généralement je ne m’étale pas sur ma vie privée (en témoigne mon introduction sur les surnoms) mais là vous avez droit à un moment tendre entre Joujow et moi.
Ce qui amuse beaucoup Joujow, c’est d’avoir le nez collé à la vitre, et juste après de regarder plus loin que le bout de son nez.
Joujow est curieux, il explore les moindres recoins!
Joujow est amical. Il a vite sympathisé avec le bouquet.
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Joujow est gourmand! Il s’est approché pour renifler cette bolognaise pas-comme-les-autres: sauce chocolat, orange et citrouille. Oui, c’est bon! (Thanks James!)

Les 29 du 19

Vous qui avez pensé à moi ce jour-là, avez le droit, (oui le droit!) de savoir comment j’ai rempli ma journée de kiwi.

D’abord j’ai marché. Beaucoup marché. Parce que j’avais envie de mériter le dîner. S&S a jeté son dévolu sur l’île de Motutapu.

On a failli y croiser des hobbits. Ils devaient être partis chasser (ou boire un coup).

Ce piwakawaka était épatant. Il nous a suivi sur des centaines de mètres (minimum) loin de son nid. Que dis-je suivi…devancé! Il nous tournait autour, nous passait devant. On a d’abord cru à une attaque (et on a eu peur), puis à un jeu (et on a ri), enfin à un message (et on a réfléchi).

Steph m’a cueilli cette jolie fleur, mais on ne sait pas comment elle s’appelle tellement on est nul en noms de fleurs.

Là, clairement, je suis contente. J’ouvre mes bras avec les doigts écartés, ce qui symbolise le besoin et l’envie d’embrasser le paysage (je chante la vie, je danse la vie).

Une Sandie enthousiaste, ça sautille. Un Steph pro, ça prend la photo au bon moment du premier coup.

On a déterré (trouvé) des os, que l’on s’est plu à attribuer à des papous clandestins échoués là il y a quelques centaines d’années.

Ô fruit du hasard, cette superbe petite île a une baie qui s’appelle Sandy. Ça ne s’invente pas!

Comme tous les 19 septembre dignes de ce nom, celui de 2012 ne déroge pas à la règle. Il est à marquer d’une pierre blanche (d’un bâton dans le sable).

On a effectué un parcours du combattant, en décidant de longer la côte plutôt que prendre le chemin qui la suit (les chemins, c’est pas trop notre truc). Là par exemple, on pouvait passer sous la branche, sur la branche, autour de la branche…

On a pique-niqué à la pointe nord de l’île (des sandwiches grand luxe, jambon de pays (mais lequel??), brie, chutney d’oignons confits). Comme on savait qu’une photo des sandwiches vous rendrait jaloux, on a préféré prendre le drop-off de la falaise.

Là ce que vous voyez, c’est un troupeau de taureaux relativement nerveux sur notre chemin. Mais qu’importe, on l’a dit, on n’aime pas les chemins.

Ça c’est un champ de moi. Ça ne se voit peut-être pas bien, mais ces fleurs avaient l’incroyable capacité de prendre la couleur de ma veste.

Avec lui, j’ai eu un petit problème de communication. J’ai voulu dire mêêêêê mê mêêê pour « c’est mon anniversaire », mais j’ai inversé les mê, et je crois qu’il a compris « tu es mon adversaire ».

On aurait aimé se perdre un peu dans cette réserve. Mais quand on a eu le choix entre droite et gauche, on a pris celui qui retournait à la sortie…dois-je le répéter? Les chemins, c’est pas notre truc!

Cette fois notre timing était au poil, et nous n’avons pas eu besoin de galoper pour attraper le dernier bateau.

Permettez-moi de vous dire que la douche qui précède cette photo était une des meilleures depuis longtemps! A gauche, les fleurs posées sur mon bureau par le couple écossais avec qui nous colocatons, Fiona et James. Au centre, mon cadeau, un hoodie ultra confort, pièce manquante dans mon attirail de back-packeuse.

S&S est sur son 31 (non 29!) pour sortir dîner.

Vous voyez les vitres en haut de la tour? Dans un petit instant, on sera derrière.

Et là, surprise, nous sommes aux premières loges pour voir un beau feu d’artifice tiré depuis la mer…Stéphane a vraiment des amis partout! Il m’épate cet homme!

Oui je sais elle est floue, mais avec le flash on ne voit pas la ville derrière, et ça franchement, ce serait dommage.

Non, ne regardez pas la bougie (ni ma tête fantomatique). Regardez la « cerise sur le gâteau », ou plutôt la petite perle de sucre. Une perle bien lisse, bien nacrée, et puis finalement pas si sucrée…

…une perle noire venue tout droit de Micronésie. Le genre de perle qu’on soupèse dans la paume de la main, et qu’on ne lâche plus! Une pure merveille. A côté, une queue de baleine gravée dans un coquillage, à porter en ras du cou.

En rentrant, pour clôturer une belle soirée et un délicieux dîner, James m’avait cuisiné une délicatesse d’annif. C’est ce qu’on appelle être gâteau! Euh gâtée!

Le bon et le mauvais café

Dans le cadre de son job de barman, Steph a  bénéficié d’une formation sur la machine à café du restaurant où il travaille, le Kermadec, à Auckland donc (je précise, au cas où!) Je l’ai accompagné, parce que ça m’intéressait de connaître la différence entre un bon et un mauvais café.

Simon, le maître-cafetier, flirte avec la trentaine. Un visage poupon, cassé par une surprenante moustache, résultat du Movember 2011 (Movember étant un mouvement de soutien contre le cancer de la prostate et autres maladies masculines…à l’instar de ces demoiselles – en ai-je fait partie? – qui mettent la couleur de leur soutien-gorge dans leur statut Facebook pour protester contre le cancer du sein.)
La moustache de Simon est longue et fine, les extrémités sont retournées et bouclées. Ça lui donne un air de porn-star du 19ème (siècle, pas arrondissement), selon ses collègues du Kermadec.
Simon n’aime pas le café, il l’adore. Il en parle avec passion, comme quand un geek vous parle de son ordinateur comme si c’était sa maîtresse attitrée, ou qu’un fou de mécano vous décrit les courbes voluptueuses de son nouvel engin (à moteur).
Dès lors, la formation s’annonce des plus divertissantes.
Quand on prépare un expresso avec ces machines, on moud les grains, on presse, on enclenche la poignée dans la machine, on met une tasse sous le verseur et on appuie sur un bouton. Dit comme ça, ça ne semble pas sorcier. Détrompez-vous! Tout influe sur le goût qu’aura votre café: la température extérieure (si si…) la finesse du grain (donc le réglage de la broyeuse), la façon dont vous pressez le café moulu dans la poignée, et bien sûr le temps d’écoulement de l’eau bouillante.
Fiche pratique:
Plus il fait chaud, plus il faut moudre fin. La pression exercée sur le café moulu doit être la même partout (si vous insistez sur un côté en appuyant trop fort avec le pouce, l’eau s’écoulera plus vite d’un côté que de l’autre, devenant plus rapidement insipide. L’eau doit être à 91°C (au-delà, le café brûle). Pour l’écoulement, comptez entre 24 et 32 secondes: 24 pour un café doux, plutôt 32 pour un café amer.
Puis vient le moment des essais. Après la théorie, Stéphane doit montrer qu’il a compris. Moi comme je suis là, je dois goûter. Simon me tend un premier essai, sensé être plutôt amer. Évidemment, un bon expresso s’apprécie pur, sans sucre. Les yeux sont rivés sur moi, on attend mon verdict. Je fais tournoyer le liquide dans la tasse, renifle, vérifie la robe, me trompant un instant de dégustation (ou tentant de retarder le moment fatidique.)
Je bois et je sens mes traits se tirer. Gollum, Gollum!
Deuxième tasse. L’eau n’ayant coulé que 26 secondes, le café devrait être plus doux. Je trempe mes lèvres réticentes…Gollum is back.
Ça fait rire Simon, qui promet d’apaiser mon palais avec un café au lait. Je suggère d’y glisser une petite-mini-micro dosette de sucre, mais Simon m’assure que le lait correctement chauffé fera ressortir tout son glucose. Je suis sceptique, mais cette fois Simon me bat à plate couture.
– Ce café est délicieux!
– Oui enfin c’est surtout le lait que tu aimes…
– :) 


Un gars / une fille

On n’est pas très romantique quand mêmedit-elle en se brossant les dents assise sur le lit.

En même temps on vit dans un backpacker, répond-il en croquant à pleines dents dans une miche de pain frais. Il lui tend le morceau, le regard interrogateur.

Pain et eau? Non merci, je suis en Nouvelle-Zélande, pas en prison! Toi et ton pain hein…c’est ton côté français!

Quand je serai vieux, j’aurai un béret.

Tu ne seras jamais vieux.

(BLANC)

…C’est dur ce que tu viens de dire.

Mais non, c’était un compliment, genre que tu seras toujours jeune!…

(RE-BLANC)

Bon ok, c’était glauque.

C’est ça ton quart d’heure romantique?

L’ado-ration du voyage

Dire de ce voyage qu’il était sans histoire serait un mensonge.

J’étais assise entre deux ados. Une fille de 14 ans et un garçon de 16, qui s’est installé un peu après nous. La jeune fille engage la conversation, mignonne, mais très enthousiaste…trop enthousiaste en fait. Au bout de cinq minutes, le jeune homme se joint à nous:

-Ah mais vous n’êtes pas ensemble? Je croyais que vous étiez mère et fille.

Je crois que d’abord je le fixe, ensuite je me tourne vers la jeune fille, je me retourne vers lui, je lève les sourcils, ou j’écarquille les yeux, ou les deux (je ne suis plus très sûre de l’ordre). Je crache du venin, j’hésite à lui tordre le cou, finalement j’opte pour un grand sourire:

– Oh non voyons, je n’ai pas l’âge d’être sa fille.

J’aimerais pouvoir vous dire qu’il était gêné, mais pas du tout. Il a ri lourdement comme si je faisais une blague sur Toto, et a insisté:

– Ahahaha. Non mais sans déc’ vous pourriez avoir eu des enfants jeune.

Et la fille de surenchérir:

– T’en veux des enfants? T’es mariée?

– (soupir) BON! Mon p’tit gars, on va changer de place, parce qu’avec mon incontinence je vais te faire *** toutes les heures. En plus je fais de l’arthrose et je dois m’étirer régulièrement. Et puis y’a de quoi draguer à côté, ça ne serait pas sympa de ma part de m’interposer.

J’ai bien fini par l’avaler cette remarque, en réalisant que ma foi oui, j’avais le double de l’âge de cette jeune (jeune) fille…Bizarre ce temps qui passe. Les ados n’ont pas été troublés le moins de monde par notre changement de place. Ils ont continué à parler, entre eux et à moi.

C’est rigolo l’ado. Un coup ça tutoie, le coup d’après ça vouvoie. Et dans les deux cas on n’est pas content. Quand il tutoie, c’est pour se pencher sur mon écran et dire « tu regardes quoi? » ce à quoi on a envie de répondre « hey man (remains of my Canadian times)…on a pas élevé les cochons ensemble », ou « je ne suis pas ton pote, petit » (si si, on le pense). Quand il vouvoie, généralement c’est pour un service, type « excusez-moi, auriez-vous la gentillesse de bien vouloir m’indiquer l’heure s’il vous plait? » Là on lui balancerait bien « mais tu crois que j’ai quel âge pour mettre cette distance entre nous? » Donc le mieux, c’est encore quand il ne parle pas.

 

Bon allez, on recommence.

Dire de ce voyage qu’il était sans histoire serait un mensonge: J’ai voyagé dans le A380.

Alors oui d’accord, c’est gros, grand, et neuf. Les toilettes sont légèrement plus spacieuses et les écrans plus larges. Mais à part ça, franchement, je n’ai pas été é-pa-tée. Blasée? Peut-être. En tout cas j’ai eu l’impression que les sièges se baissaient moins que dans d’autres gros avions et qu’ils étaient bien plus durs. Comme quoi un vieux siège cassé, ça a du bon.

J’ai trouvé difficile de me caler confortablement. En plus, l’ordinateur à disposition comprend de nombreux divertissements. En bref, on dirait que tout est fait pour nous garder éveillé, ce qui, sur un vol de 13h, n’est peut-être pas la meilleure idée. J’avais prévu ipod, livres, magazines…je n’ai rien sorti. J’ai révisé mon hindi pendant plus d’une heure et demie grâce au programme d’apprentissage des langues. J’ai regardé un film, trouvé ça nul, tenté de dormir, remis le film, fini le film, tenté de me rendormir, remis un film, etc…et j’ai joué à Tetris. Je sais c’est mal, mais que ne ferait-on pas pour tenter de s’abrutir? (Dans le but, raté, de s’endormir bien sûr)

Après une brève pause à Singapour (une heure, juste le temps d’embarquer dans un nouvel avion) le second vol m’a paru idyllique.  Ce n’était certes pas le A380, mais l’avion était à moitié vide, silencieux, le service aussi impeccable que dans le précédent vol. J’avais un hublot, côté soleil, et trois sièges pour me coucher. Le paradis. J’ai dormi 8 heures sur 9 et demi de vol.

À l’arrivée, tout s’enchaîne sans encombre: j’obtiens le visa en un rien de temps (il est électronique) je passe la douane comme si je ne m’appelais pas Sandie Cabrol (wink wink), je récupère mon bagage (qui pour une fois est parmi les premiers!), et je retrouve mon blond, qui m’attend juste de l’autre côté d’un dernier mur opaque…(séquence émotion, coupée au montage). Ou sont passés les cinq derniers mois? Chacun de notre côté, on le sait, mais ensemble, on oublie. (Marc Levy sort de ce corps!)