Quel droit a l’homme sur l’animal ?

Mercredi dernier, un homme est décédé sur une plage au nord d’Auckland suite à l’attaque d’un requin. Une équipe de police a tiré sur le squale depuis un bateau et un hélicoptère après le drame, et la chasse continue bien que le requin n’ai pas été repéré de nouveau depuis. La presse cite une attaque « vicieuse » et « non provoquée ».

Hier, un pingouin bleu est mort suite aux manipulations incessantes d’une quinzaine de touristes qui s’amusaient à se le passer de main en main pour prendre une photo avec l’animal dans les bras. Théoriquement, ces touristes sont passibles d’une peine de prison, le pingouin bleu étant une espèce protégée car en voie de disparition.

Ces deux évènements survenus en Nouvelle-Zélande à moins de 48 h d’écart nous donnent à réfléchir sur les droits que s’octroie l’homme sur l’animal.

Certes, nous sommes doués d’une intelligence qui selon la sélection naturelle et la loi du plus fort, nous place en haut de la chaîne. En se basant sur cette constatation primaire, on se dit que si l’homme a un « droit » sur l’animal, c’est celui de se défendre, comme le ferait n’importe quel autre animal. Mais c’est justement grâce (ou à cause) de l’intelligence qui nous différencie que nous ne pouvons nous permettre d’en rester à cette conclusion primitive.

Le requin est sur son territoire. Il n’a pas sauté dans la piscine de quelqu’un pour attaquer le premier venu, il est dans son habitat naturel. Dès lors, n’est-ce pas l’homme qui prend un risque en allant nager? Faut-il alors « sécuriser » l’endroit ou d’autres hommes sont susceptibles de vouloir se baigner, et donc tuer les habitants des environs pour ce faire? Comme l’a très bien dit une amie plongeuse et photographe :

Mettez un burger sous mon nez, si j’ai faim ou que je m’ennuie, je vais le manger. Mettez de la viande sous le nez d’un requin…même chose.

L’homme est tellement au-dessus de tout qu’il ne peut même plus se concevoir comme appât.

Alors oui, bien sûr on pense aux autres nageurs du coin qui risqueraient de se faire croquer, et on préfère leur dire que le risque a été « éliminé », plutôt que leur répéter que les requins ne sont pas en cage, qu’ils nagent où ils veulent et que justement, la différence entre l’océan et la piscine, c’est entre autre qu’on n’est pas tout seul dans l’eau.

Je précise au cas où que je ne suis pas une B.B en puissance, et ne me considère pas dans le camp de ceux qui ont définitivement tiré un trait sur l’homme pour défendre l’animal corps et âme. Je pense évidemment à la famille de la victime, pour qui la chasse du coupable n’a peut-être même pas un goût de vengeance ou de soulagement, car  on dit d’eux que ce sont de grands amoureux de l’océan, avec tout ce que ça implique.

Moins tragique pour l’homme mais tout autant pour l’animal, que dire de l’acte tout bonnement stupide de ces touristes (adultes) qui sont allés jusqu’à déplacer un pingouin et le serrer dans leurs bras pour poser avec une peluche vivante? Au premier abord, la peine de prison semble être une punition excessive…mais après réflexion?

Qu’en pensez-vous?

4 réponses sur “Quel droit a l’homme sur l’animal ?”

  1. Bel article! Je pense que la réflexion est assez juste. C’est fortement regrettable que le requin est fait mort mais non seulement il était dans son domaine (donc intrusion dans le territoire d’autrui sans accord préalable même si on pense que c’est un espace qui est notre a la limite on pourrait dire qu’on le partage quand même) mais malheureusement il n’a pas de conscience se qui le différencie radicalement de nous et doit nous pousser a faire beaucoup plus attention. Quand au pingouin « le pauvre » j’imagine aussi la douleur de sa famille (oui) et je suis parfaitement pour l’amande. Une telle sanction suivie d’une médiatisation pourrait mettre en garde les personnes a faire plus attention avec nos « co-locataires » de la planète terre.

  2. La prison peut être pas, mais une grosse amende (pas de quoi rigoler, quelque chose qui fait vraiment mal au portefeuille) serait sans doute suffisant.
    On a pris l’habitude de penser que la nature avait été dompté, et on a oublié qu’elle méritait d’être respecté, dans sa beauté et dans sa terreur.
    Si droits nous avons, par la même nous avons des devoirs.

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