Jeudi non

Vos paupières sont lourdes… mais ouvrez un œil quand même. Ne serait-ce que pour constater avec délice qu’il vous reste peut-être une petite heure de sommeil ? Ah non. En réalité il vous reste 6 minutes pour être au boulot. Oops. Je vous jure que quand le réveil ne sonne pas, ce n’est jamais de ma faute ! Pour les préparatifs express, lisez plutôt ici.

Ni une ni deux, vous êtes dehors avec 2 petites minutes de retard, sans compter les 15 que prennent la marche le long de la côte jusqu’au point où est attaché votre vélo (à savoir devant le boulot de votre cher et tendre) et les 10 minutes pour rallier le centre-ville au triple pédalo. Vous sortez le pouce, parce qu’à ce rythme-là, vous allez vous faire arracher la tête en arrivant. 

Pas grand monde à 8 h du mat’ sur la péninsule de Kaikoura. Une voiture finit par s’arrêter. Le conducteur fait de grands gestes en pointant ses sièges arrière, mais il s’arrête quand même. Pas le temps de réfléchir, vous grimpez. Vous vous faites une place en catimini sur le siège encombré sans vous permettre de juger de l’état de la voiture. Après tout, elle est en train de sauver votre matinée. Vous claquez la porte, inspirez des deux narines (que ne donneriez-vous pas pour en avoir au moins une bouchée juste là) et manquez de vous évanouir. Vous comprenez les gestes du conducteur… Cette charmante hôte transporte la nourriture pour ses cochons et vous explique que ma foi, si vous mangez du cochon, vous mangez aussi ces restes qui certes sentent un peu… d’ailleurs ça ne vous dérange pas trop ? Du tout, du tout ! C’est juste en train de vous brûler les yeux et le fond de la gorge. Le trajet ne vous a jamais semblé aussi long.

Arrivé à destination avec 8 minutes de retard, vous vous dites que la journée n’a peut-être pas si mal commencé après tout. C’est sans compter sur la présence du big boss, que vous rencontrez sans savoir que c’est lui, car il n’est jamais là. Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui il est là et il compense pour tous les autres jours. Il ne vous lâche pas d’une semelle. Pas parce que vous faites mal votre travail, mais parce qu’il n’a aucune idée de ce que vous êtes censée faire, vu qu’il n’est jamais là. Vous en profitez quand même pour faire remonter tous les problèmes de management du lieu et c’est le moment qu’il choisit pour tirer sa révérence.

Durant une courte pause bien méritée, vous lisez rapidement vos mails et apprenez qu’à quelques milliers de kilomètres de là, les propriétaires malhonnêtes de votre logement parisien ont décidé de garder une partie de votre caution pour financer quelques travaux censés être à leur charge. Vous tentez de vous connecter pour discuter de la chose avec vos proches, mais évidemment Skype, qui marchait très bien hier, ne marche plus aujourd’hui.

Vous terminez votre shift avec un soupir de soulagement et allez récupérer le vélo, toujours cadenassé devant le boulot du cher et tendre. En pédalant sur ce vélo trop grand, vous vous dites que si vous deviez tomber un jour, ce serait sûrement aujourd’hui. Vous avez raison. En freinant sur les graviers devant chez vous, vous perdez l’équilibre. Rien de grave, juste la honte, parce que le voisin fume sa cigarette à ce moment-là.

Il est à peine 15h, mais le verdict est tombé, vivement demain.

Toi!…


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