Journal de bord #8 : Premier jour de navigation calme

La navigation est (enfin) devenue possible

Jeudi 16 mai – JOUR 7. 1h22 du matin, je suis en plein shift. Avec les tours de garde en pleine nuit, on perd vite la notion du temps. Le moteur ronronne pour recharger les batteries. Je ne peux pas écrire dehors, car il pleuviote. Du coup je suis installée à la table de navigation, éclairée à la lumière rouge pour garder ma vision de nuit quand je sors la tête.

Ma réputation de gourmande n’est déjà plus à faire à bord. Darren me surnomme tape worm (ver solitaire) et Ross church mouse. Pourquoi? Parce qu’il m’entend grignoter en pleine nuit, après mon shift et avant d’aller me coucher. Pour ma défense, j’aimerais préciser qu’un bateau est sans cesse en mouvement, que donc le corps travaille non-stop ne serait-ce que pour garder l’équilibre, et que donc toute cette activité donne faim!

S&S équipe de choc
S&S équipe de choc

L’ambiance est au beau fixe. S’il y a eu quelques tensions pendant la tempête, c’était essentiellement dû à ce qu’on surnomme la fièvre de cabine. Depuis que le calme est revenu et que la navigation est enfin possible, Darren nous a confié que Ross et lui-même se disent très contents de nous parce qu’on est toujours prêts à aider. On cuisine le plus souvent, on fait la vaisselle bien sûr, mais en réalité tout le monde participe, on prend juste souvent les devants pour leur faciliter la vie. On met de l’ordre, on nettoie, et bien sûr on est sérieux avec nos tours de garde. Et puis on fait des blagues, on garde le sourire et l’enthousiasme, quoi qu’il arrive.

La journée a été calme, relax et agréable. L’ironie, c’est qu’après la tempête qu’on a traversée, où on avait trop de vent pour naviguer, on en manque maintenant pour avancer sans moteur! Ce matin on a passé pas mal de temps à calculer différentes positions et trajectoires sur la carte avec le compas et la règle. Nous devrions être à environ 2 jours de récif de corail Minerva, ce qui nous donnera peut-être une chance d’y ancrer une heure ou deux samedi midi. Nous sommes à peu près à mi-chemin entre Opua (Nouvelle-Zélande) et Vava’u (Tonga). Il reste quand même un peu plus de 700 miles, et nous dépassons rarement les 5 nœuds.

La douche sur le pont...un momen mémorable
La douche sur le pont…mémorable

Cet après-midi j’ai révisé quelques nœuds de navigation appris il y a 15 ans lors de mon petit tour de la Corse. Certains sont très faciles, d’autres sont plutôt de l’ordre du casse-tête. Tous se ressemblent, et le plus compliqué est d’apprendre à les faire vite, et ce quel que soit le côté de corde le plus court (ou long).

En fin de journée, Darren  a pris une douche à la poupe du bateau. On a tous suivi les uns après les autres, ravis et soulagés à l’idée de se décrasser. On a pu se rincer à l’eau claire avec la petite douche d’appoint, réchauffés par les rayons d’un soleil déclinant. C’était une sensation formidable, sans parler du bonheur de se sentir propre et frais! Le soir on a pu se permettre le luxe de manger tous les quatre autour de la table, et même de mettre un film à la fin du dîner!

Au départ, il était question que nous prenions des shifts de 3h au lieu de 2 une fois que la météo serait plus clémente, mais Ross a décidé de garder le rythme actuel pour que les gardes de nuit ne soient pas trop longues. On l’en remercie!

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La grand voile enfin sortie
On profite de la navigation calme
On profite de la navigation calme
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Darren met la main à la pâte
Darren, la main à la pâte
Beau temps au beau fixe!
Le temps est au beau fixe

 

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On ne se lasse pas du sunset
Sunset forever
Après l'effort, le réconfort
Après l’effort, le réconfort
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Settling back in the humdrum of boat life means the night shifts are smooth. No waves are crashing over the cockpit to inexorably drench everything both in and out. The breeze is cool, the moon new and the stars are bright. During both 20h to 22h and 04h to 06h shifts Ross gives me the low down on what’s what.

The winds are going west, which isn’t exactly normal for this time of year. He supposes the storm system messed up the natural course of things but is confident that the trade winds should come in. He shows me on the charts that between the South Fiji Basin and the Tongan Ridge there is a current going from east to west of about five knots. We make the calculations and adjust our bearing so as not to be taken even further off course after all the fun and excitement of the past two days.

Minerva Reef was over 90 miles west on our original rhumb line, far enough to not deviate and go. Now we’re 90 miles west of Minerva. The mythical reef sits basically on our new rhumb line to Tonga. We’ll be there in two days, about mid-morning based on our calculations, which is ideal for fishing, cruising and chillaxing a few hours. If we get there at night we’ll steer clear of it, it would be a death trap for any sailor in the dark.

Ross also goes over the water, gas and fuel situation. He explaines to me how the weather’s behaving, how the sails are set and what to do in case anything changes so I don’t have to wake him up. At this point, I think he trusts us enough to do a little more hands-on stuff. This means that I jive when the wind changes direction, we gain a knot in a half and I finish my shift to a stunning sunrise. On my shifts I got the sunsets and sunrises as well as the privilege of seeing the times of the latter change as we switch latitudes, not seasons. Despite the impression of slow going boat, we’re indeed covering ground, every minute of every day. 

We calculate that we’ve covered over 500 nautical miles as the sea gull flies, which doesn’t account for all the messing around and drifting. At this exact point, we are 680 miles from Vava’u, which should take us another 5 or so days.

The conditions are extra calm, which is good and bad. Good, simply because neither the boat nor us could take another beating, and bad because if we weren’t motoring, we’d be sitting idle in the Pacific – I don’t know what’s more nerve-raking actually. We still remain prudent, as it seems that the second we’d lower our guard something would give up on us. First the engine heats, the gas cooker dies and then the water supply gage got glitchy. On the flip side, hearing the splish-splash of the bow slicing through the water is blissful, you know you’re moving out in the great expanse one splash at a time. It’s serene, almost idyllic.

The weather is undoubtedly warmer and the rhythm lazy, doing just what we have to, and what we can to keep busy. It seems like a good day to clean up, but Darren got to it before me. I got up from a nap – the sixth – to see him butt bare-naked running around on the back deck lathering up. He threw the trend. Soon I’m the one butt bare-naked on the back, relishing on the fact there isn’t a soul around, that the warm Pacific sun is all over me and that I’m facing the great blue ocean, very much exposed but out of sight. I enjoy one of the best wash-downs ever and conclude yet another day on the Shard. 

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