Journal de bord #12 : Le vent, ça rend fou

Pas assez de vent, trop de vent…

IMG_6134Lundi 20 mai – JOUR 11. 2h. Je viens de terminer mon shift. Je passe aux toilettes avant d’aller me coucher. Avec la houle la porte se claque sur ma main, plus précisément l’annulaire, sur lequel trônait ma bague en os, cassée en deux. Dégoûtée, mais il faut bien avouer qu’elle a sauvé mon doigt en se brisant.

3h. Un seau d’eau salée me réveille brutalement. On a laissé notre écoutille ouverte et une vague vient de recouvrir l’avant du bateau. Je sursaute et me relève sur la couche, trempée. La drôlerie de la situation ne m’échappe pas, même si sur le moment je dois essorer vêtements et cheveux, éponger les draps. Heureusement l’eau n’est pas froide, mais je colle affreusement.

Première terre à l'horizon!
Première terre à l’horizon!

Le mercure grimpe ostensiblement. 31°, et une mer toujours calme. On devra peut-être rallonger notre ETA (estimated time of arrival) de deux jours si on manque d’essence on qu’on doit dépendre des voiles. Du coup S&S est chargé de faire un inventaire de la nourriture restante et de mettre en place des menus, rations obligent. On va aussi devoir faire attention à l’eau. La seconde réserve s’écoule à toute vitesse, il nous en reste tout juste une moitié.

On prend un peu de vitesse dans l’après-midi, sûrement grâce à un courant. Vers 17h on aperçoit un cargo à tribord, si énorme qu’on dirait une plateforme flottante. Même pas un quart d’heure plus tard, on distingue un tout petit morceau de terre à l’horizon, si effacé qu’on le prendrait pour un nuage. C’est Tongatapu, premier groupement d’îles de Tonga. En théorie, si le moteur ne nous fait pas défaut, on devrait mettre 24h à rallier Vava’u. Une fois la nuit tombée, on voit les lumières du phare de la capitale Nuku Alofa, d’où part notre vol dans un mois, jour pour jour.

Si même le matériel s’y met!

Je viens d’être interrompue par un « nervous breakdown » de l’autopilote. J’ai senti le vent tourner radicalement avant de comprendre que la barre était immobile et que le bateau tournait en rond. Je me suis précipitée pour redresser sur notre position de 20° mais Ross a déboulé aussi sec. Après m’avoir accusée à tort d’avoir déréglé quelque chose, il a compris que l’autopilote s’était désactivé tout seul, car le bateau n’avance pas assez vite.

Une semaine après la tempête, me revoilà harnachée sur le pont, bravant un vent de face à 30 nœuds et une houle de plus en plus sérieuse. Effectivement si l’autopilote repète un câble dans une météo pareille, rien de plus facile que de passer par dessus bord, où l’océan ne fera qu’une bouchée de moi! Normalement ça ne devrait pas se reproduire, car Ross a augmenté notre vitesse, du même coup consommant plus de notre précieux fuel. Décidément, le vent n’aura pas été notre allié dans cette aventure.

Steph vérifie l'hameçon
Steph vérifie l’hameçon
Encore une occasion de se retrouver à table
Encore une occasion de se retrouver à table

 

Inventaire la tête dans le frigo
Inventaire la tête dans le frigo
Vérification des chartes
Vérification des chartes

ENGLISH corner : read Stephane’s contribution

We can sense them – the islands – they’re close and we’ve battled too hard in too short a distance – implying that we are painfully behind schedule – to not feel the anticipation mount among the crew. And that’s what’s it has become, a crew. What used to be a well-oiled machine, is still a well-oiled machine but looks more like an ant colony now. We’ve gotten to know each other quite well and otherwise intimate details are now a secret to no one, like how you like your tea, coffee, or rum.

Earlier this morning, we made slow progress and hit nose winds of up to 30 knots. Same average speeds, yes, but not quite the right direction. Motion is not a worry usually, but the waves made my innards move up and down in the most unpleasant of ways. The decision to muster the will to crash in the galley that night was a serendipitous one, as we left the hatch open in our cabin allowing a wave to crash in and dump a bucket’s worth of seawater on Sandie during her unbothered slumber. Later, during her shift, she’d almost get her finger crushed by a slamming door. The mock engagement ring I had carved for her bore the grunt of the shock. We made 5 miles in four hours.

While we were still motoring and had far exceeded our predicted rate of fuel consumption, we made contingency plans and rationed whatever was left, just in case. We’re less than 36 hours from port and sailing could add 2 or 3 days to that count, I reminded myself we were already 2 or 3 days late. It’s life as usual on the sea, planning for the next thing, the next test. It’s been epic so far, still, all good things must come to an end.

As night fell we came in range of Duff Reef and Ha’atofu island and the lighthouse on Tongatapu moments later. Darren was the first to spot land – I thought I was, but it was a container ship. This merited another rum. Practically every day something had come up, but this was it. Now we can cruise alongside the Tonga archipelago.

Although this comes as great news, and another source of marvel, this discovery will make navigation more challenging. Out in the open ocean, we check the charts every day or so. Now we’re plotting every two hours and making adjustments to our course, avoiding reefs, currents and atolls. It’s no time to grow complacent, plus there is more adventure, we’re docking in Vava’u.

2 réponses sur “Journal de bord #12 : Le vent, ça rend fou”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge