La quête du nid – 1 –

Ou « Trouver un appartement à Paris, une galère comme on n’en fait plus. »
Je tiens à commencer par dire que je m’apprête (enfin je ne sais pas si apprêter est bien choisi, vu le temps que risque de mettre cette plaisanterie) à signer ma 6ème location parisienne. Et ça n’a jamais, (j’insiste lourdement) JAMAIS été une telle galère.
D’abord, les agences n’ont rien, à moins d’accepter de se retrouver à 15 minutes à pied du RER de Fontenay Sous Bois, ce qui, en temps de grève, semble tout simplement inacceptable.
S’ensuit alors la recherche internet. PaP. Oui mais voilà, là où une agence prendra le temps de comprendre votre  situation et vos garanties (et c’est la moindre des choses vu le prix de la commission), les particuliers, eux, ne se fient qu’au dossier. LE dossier, pour lequel ils rivalisent d’imagination, ajoutant sans cesse de nouveaux papiers censés leur garantir que même si le logement brûlait entièrement vous continueriez à payer.
Autant vous dire tout de suite qu’avec un dossier comme le mien à l’heure actuelle, je pourrais tout aussi bien être sans papiers et en liberté conditionnelle. Encore qu’avec je-ne-sais-quelle-aide de l’état, j’aurais peut-être plus de crédibilité!
Mais qui ne tente rien n’a rien, c’est bien connu, et me voilà donc à parcourir Vincennes en long en large et en travers pour entamer la phase épuisante des visites. 
18h15, devant le numéro 17. Difficile de le louper, il a la queue devant l’interphone. Je sympathise avec les autres prétendants, assistant aux préliminaires d’un combat de gladiateurs qui s’annonce sans pitié. On se regarde par dessus l’épaule, tentant de déceler un bout du dossier de l’autre, jaugeant la concurrence. On se fait des politesses (après vous…) en espérant qu’un croche-patte suffira à en décourager un, n’en laissant plus que 14 à évincer. On se fait des sales coups en douce (ah tiens, vos parents ne sont pas propriétaires?) et on attend le verdict du Propriétarius…pouce vers le haut, ou pouce vers le bas? Bail ou fosse aux lions? Et c’est là que je m’aperçois que pour un studio de 29m2, je suis en concurrence avec des couples qui gagnent 4000€….et je comprends enfin ce que veut dire « crise du marché ».
Une agence me rappelle, ils ont un deux pièces (oui!), refait à neuf (oui!!), 4ème étage avec ascenseur (oui!!!)  au métro Sentier (pourquoi pas, à la rigeur…allez, oui!!!!), d’une surface totale de 20m2. (non, non, NON!!!!) Je suis curieuse de voir comment on cale deux pièces dans 20m2, mais pas assez pour manifester mon intérêt. 
Arrive alors l’expérience décisive avec un couple de retraités, d’apparence charmants, qui s’occupent de louer le grand studio de leur fille hôtesse de l’air. L’appartement me plait, je tente ma chance. Papi et mamie, trop polis, font semblant d’être intéressés par mon profil. Je donne tout ce que j’ai, je leur démontre (pas par a+b parce que je ne suis pas matheuse, mais presque) que si je n’ai pas les 150 papiers demandés c’est (juste) parce que j’étais à l’étranger…jusqu’au moment où je sors LE dossier. S’installe alors un silence embarrassant. Papi détourne le regard, mamie fait la moue, les lèvres pincées en avant.
Moi: Ah je vois…en fait ce n’est pas la peine que je vous laisse mon dossier si je comprends bien?
Papi: Pour être tout à fait honnête…
Je remballe, passablement humiliée et terriblement frustrée.
Mamie: Vous devriez vous constituer un dossier plus solide avant de visiter mademoiselle.
J’ai failli lui fourrer les photocopies au fond de la gorge pour qu’elle voit comment il est solide, mon dossier, mais mes parents m’ont appris que ça ne se faisait pas.
Après ça, j’ai décidé de faire une pause dans les visites. Je harcèle les agences, mais je ne donne plus aux propriétaires l’occasion de me faire passer pour ce que je ne suis pas.
Si vous avez un bon plan à me conseiller…voici mon périmètre idéal de recherche ;-)

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