Premiers essais de light painting

Peindre avec la lumière

IMG_3611Le light painting, aussi appelé light art, c’est cette technique qui consiste à peindre avec un faisceau lumineux et capter le dessin pris dans ce mouvement sur une photo. Une fois qu’on a compris le truc (à savoir, permettre un temps d’exposition assez long pour que l’appareil capte la lumière mais pas trop pour ne pas se retrouver avec un cliché ébloui), on se retrouve à faire moult expérimentations. Attention, ça peut durer toute la nuit. Quant à nous, on a photographié cette série depuis le refuge de Mount Fyffe, qui domine la superbe péninsule de Kaikoura dans l’océan Pacifique, à l’est de l’île sud de la Nouvelle-Zélande. À la base, j’avais envie de m’essayer au light painting pour réaliser une carte d’annif pour les 30 ans d’une amie. Je ne sais pas si elle a réussi à lire son surnom! Plus facile que l’écriture, le battement de cœur, mon préféré. On est quand même resté très basique pour ce premier essai, et j’aimerais beaucoup m’y atteler de nouveau.

Pour s’essayer au light painting, il faut :

– un ou plusieurs faisceaux – pinceaux

– un décor grandeur nature en toile de fond

– un trépied

– un appareil photo avec retardateur (ou une télécommande, ou une bonne âme qui appuie sur le bouton)

– une tenue sombre (voyez comme ma superbe veste bleu ciel est difficilement manquable)

IMG_3590

Premier coup de pinceau

IMG_3592

Faisceau blanc, faisceau rouge, et un fantôme heureux au milieu

IMG_3599

My dear Choca friend…as-tu réussi à lire ton nom?

IMG_3604

Coeur…d’un battement à l’arrêt

IMG_3608

S&S, très graphique

IMG_3612

La flèche pointe là où on habitait à Kaikoura

IMG_3618

Merry Christmas!

IMG_3621

Petite baleine? Non, dauphin obèse

IMG_3625

Et une étoile de plus dans cette nuit noire

.

Voir tous les défis

Ex 2013 – Quasi 2014

Le Calendrimages 2013

JANVIER – On profite des nombreuses beautés de l’île sud néo-zélandaise. Road trip dans le centre, observation de baleines et d’albatros, petite baignade avec nos otaries voisines et les fameux dauphins Dusky…c’est l’été, la vie est douce, on vit d’amour et de pêche (oui parce que l’eau fraîche on a essayé mais on avait faim quand même…).

1janvier
Castle Hill, Nouvelle-Zélande

FÉVRIER – Deux pingouins considérés comme rares dans la région ont été repérés. Nous formons une petite expédition avec quelques amis pour espérer les observer, et nous considérons très chanceux de voir les deux : le petit pingouin bleu ci-dessous, et un gorfou du Fiordland.

2-février
Pingouin pygmée à Kaikoura, Nouvelle-Zélande

MARS – Déjà mon dernier mois à Kaikoura. La saison estivale va se terminer, et avec, nos contrats liés à l’industrie du tourisme. C’est le moment ou jamais d’admirer la péninsule qui nous aura servi de nid pendant 6 mois. Le Mount Fyffe qui culmine à 1650m dans la chaîne montagneuse de Kaikoura Range, permet un point de vue exceptionnel sur Kaikoura.

3-mars
Vue sur la péninsule de Kaikoura depuis Mount Fyffe, Nouvelle-Zélande

AVRIL – Je pars seule en roadtrip pour faire le tour de l’île sud. Un voyage particulièrement agréable car les distances sont raisonnables et que du coup je ne perds pas beaucoup de temps en transport. Chaque arrêt recèle des merveilles époustouflantes et rien ne se ressemble.

4-avril - fox glacier
Région de Fox Glacier, Nouvelle-Zélande

MAI – Les premiers jours, je suis encore en roadtrip avec mon frère qui m’a rejoint quelques jours. Nous découvrons le sud de l’île nord, une région isolée et assez peu visitée, avec des falaises, des plages, des phares et des colonies d’otaries…toujours un régal. Puis j’annule mon tour de l’île nord, Stéphane m’ayant trouvé une place de membre d’équipage pour livrer un bateau à Tonga avec lui. Je traverse le pays avec un bus de nuit et me présente au capitaine le lendemain. Une petite semaine plus tard, nous voilà partis pour l’expérience d’une vie. Tempête cyclonique, sauvetage en haute mer, fiançailles en eaux internationales…on se souviendra longtemps de cette traversée en voilier!

5-mai
Océan Pacifique, entre la Nouvelle-Zélande et Tonga

JUIN – Nous passons un mois à Tonga, dans une petite maison bleue accrochée à la colline sur le port de Vava’u. Volontariat pour l’association VEPA, compétition de pêche, course en voilier, gravure de coquillages, visite du voilier de l’expo Dubaï 2020 et banquets de cochon grillé…nous profitons à fond de cette opportunité avant d’aller découvrir quelques jours le sud de l’archipel où se trouve la capitale  Nuku Alofa. Juste le temps de plonger sur une épave sur la petite île de Pangaimotu.

6-juin
Port de Vava’u, Tonga

JUILLET – Retour aux sources. Nous avons quitté la Nouvelle-Zélande après 10 mois intenses et bien remplis. Nous voilà au Maroc, où nous profitons des beaux jours pour effectuer une petite virée dans les montagnes du Rif, une sorte de pèlerinage d’un voyage réalisé 7 ans auparavant. Au programme : Chefchaouen et sa ville bleue, et les chutes d’Akshor.

7-juillet
Chefchaouen, Maroc

AOÛT – Rien de tel qu’un voyage entre copines pour clore ces longues vacances avant de se remettre au boulot. Je pars avec Amandine en Croatie, où nous passons 10 jours à longer la côte du nord au sud après une brève visite à Zagreb. Un temps superbe, de bons petits plats méditerranéens, des paysages envoûtants et reposants…dommage que les croates soient si désagréables. Je n’aime pas faire de généralité, mais il faut bien avouer qu’à quelques rares exceptions, nous n’avons pas été bien accueillies!

8-aout
Lacs de Plitvice, Croatie

SEPTEMBRE – 30 ans, et c’est le moment de redevenir sérieuse, un temps au moins. On pose nos valises à Londres pour une durée indéterminée (mais qu’on espère pas trop longue quand même). Nous passons le premier mois à Richmond chez ma sœur avant de trouver appartement et boulot dans le centre de la capitale anglaise. Du coup ce mois de septembre est marqué par les recherches en tous genres, des piques-niques à Kew Gardens et des footings dans Richmond Park pour relâcher la pression.

9-septembre
Vue sur la Tamise à Richmond, Royaume-Uni

OCTOBRE – Je retrouve ma copine croate Amandine à Aix en Provence pour participer au raid urbain féminin Pop In the City. Lucky us, il fera un temps magnifique en ce samedi 12 octobre, et ça restera une journée mémorable, terminée par un bal des pompiers hors saison mais authentique! Côté anglais on emménage dans un appartement en colocation à Saint Katharine Docks…contents de poser les valises même si les conditions de location ont bien failli nous faire fuir.

10-ocotbre - aix
Aix-en-Provence, France

NOVEMBRE – Ok il commence à faire froid à Londres, mais contre toute attente il faut toujours beau! On ne va pas s’en plaindre. Comédies musicales, découvertes culturelles et balades ensoleillées le long de la Tamise occupent cet automne londonien. On regarde Tower Bridge sous toutes les coutures vu qu’on habite juste à côté. Je fais un passage éclair à Paris pour une intervention chirurgicale ophtalmo et rentre à Londres avec une belle infection, pas idéal pour commencer un nouveau boulot, mais ce qui ne me tue pas me rend plus fort!!

11-novembre
Tower Bridge, Londres, Royaume-Uni

DÉCEMBRE – Le petit tour traditionnel dans nos smalas internationales nous amène d’abord au Maroc une semaine, où nous sommes magnifiquement sur-nourris et sur-gâtés, puis à la pointe de la côte sud-est de l’Irlande pour quelques jours rafraîchissants dans une campagne fort accueillante. Vive le 31 décembre au pub du coin! Stéphane en a même ramené un souvenir, sa pinte de Guinness (vide) qu’il n’a pas réussi à poser en sortant du bar et qu’il a donc amené avec lui chez les voisins qui nous ont convié pour un café à 2h du mat’.

12-décembre
Kilmore Quay, Irlande

Bilan, une année 2013 bien remplie, tant en découvertes qu’en émotions et en contrastes. Les projets pour 2014? On en a une demi-douzaine dans nos valises, mais rien de tangible encore. Si 2013 était indubitablement marqué par l’aventure, 2014 sera sans aucun doute guidé par l’improvisation avec un grand I! En attendant, on vous souhaite une bonne année remplie de ce que vous voulez!

Défi Saint Patrick

Un défi artistique comme je les aime, lancé par Ophélie pour la fête de la Saint Patrick !

Photographier du verre et du vert pour la Saint Patrick

Ici aussi le Saint Patron de l’Irlande est à l’honneur, colonisation oblige, bien sûr. Un groupe irlandais jouait déjà « Bugger off » (well, you bastards bugger off) à 15h au Strawberry Tree, le bar le plus animé de Kaikoura.

C’est aussi l’occasion de partager ce gros coup de coeur culinaire proposé par Maïder du blog Il était une faim pour clôturer sa semaine sur la thématique Saint Patrick : le Baileys Brownie! Retrouvez la recette ici.

.

Voir tous les défis

Op. Pengu-ing [action de chercher – et trouver – des pingouins]

« On peut voir des pingouins à Kaikoura, non? »
« Oui, à South Bay ».
« Alors pourquoi on n’y va pas? »

C’est en partant de ce constat que la date de l’opération Pengu-ing est fixée à jeudi. Cette expédition a deux objectifs :

– Trouver des pingouins bleus

– Trouver LE pingouin Gorfou du Fiordland

Pourquoi LE? Parce qu’il n’y en a qu’un dans les parages. Le pauvre bougre s’est perdu et les scientifiques qui l’ont repéré sur les côtes de Kaikoura ne savent même pas comment il s’en est sorti. Cette espèce évolue généralement bien plus au sud du pays, dans les environs de l’île Stewart (qui est par ailleurs LE point le plus éloigné de la France. Dès qu’on le dépasse, on commence à se rapprocher!)

Quatre des membres de notre groupe de six travaillent pour la même compagnie et un de leurs collègues organise des tours guidés pour observer les pingouins.  Tous savent donc à peu près où regarder, ce qui nous permet de partir en solo à l’aventure.

Nous voilà partis, armés de nos appareils photo et lampes torche, au coucher du soleil, moment stratégique s’il en est, car les pingouins reviennent de la chasse et se réfugient dans des crevasses et derrière des rochers pour la nuit.
Nous garons la voiture au bout de la route et entamons un parcours escarpé et glissant entre les roches à marée basse. Au bout d’un petit quart d’heure, nous nous retrouvons bloqués. À droite, une falaise. À gauche, un rocher léché par les vagues. En face, un passage étroit, occupé par une otarie. On ne se décourage pas et on contourne le rocher tant bien que mal, mais on réalise qu’on ne va pas être tout seul. Effectivement, derrière le fameux rocher, une tripotée d’otaries est disséminée un peu partout. Or figurez-vous que s’il y a une chose à ne pas faire, c’est passer entre une otarie et la mer. Ça lui « coupe » la route, et elle est susceptible d’attaquer. Nous entamons donc un slalom fort amusant, si ce n’est pour les regards légèrement dérangés des squatteuses odorantes.

Le pingouin bleu (blue penguin)

Arrivés au bout d’une deuxième baie, nous apercevons une anfractuosité dans la falaise. La lumière décline rapidement, mais notre oeil s’est habitué et l’on voit encore clairement. L’un de nous part en reco, et sort un pouce pour nous indiquer que le premier objectif est atteint. On progresse à pas de loup vers la cavité, et découvrons avec émotion cette petite boule bicolore.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

C’est un pingouin bleu à nageoire blanche, encore plus rare que le pingouin bleu à nageoire pas blanche. Il est endémique de la Nouvelle-Zélande, et de l’île du sud en particulier. Au passage, son vrai nom est manchot pygmée, mais tout comme pour le phoque et l’otarie, on confond souvent manchot et pingouin. La traduction n’aide pas, car le nom anglais est Blue Penguin. Moi perso je préfère pingouin bleu parce que 1. il est vraiment bleuté, 2. pingouin c’est plus mignon. (C’est comme hérisson, c’est plus mignon que…ah non un hérisson reste un hérisson).

Le pingouin Gorfou du Fiordland (Fiordland crested penguin)

Blague à part, alors que nous nous acharnons à vider nos batteries d’appareils photo, Sarah nous indique que Stéphane a trouvé le naufragé, LE pingouin échoué difficile à repérer. Déjà qu’on se sent formidablement chanceux d’avoir le petit bleu rien que pour nous! On traverse une deuxième crique, ravis de constater que la marée n’est pas montée. Au bout, bien visible à l’abri du vent derrière un rocher se tient le Gorfou. Re-wow. Re -crépitement de clics-clichés. On le trouve magnifique, même s’il est en pleine mue. D’ailleurs on peut voir un tapis de plumes blanches et grises toutes douces autour de lui. Plus tard, il aura des aigrettes jaunes de chaque côté de la tête, comme des touffes de sourcils. Ceux d’entre vous qui ont vu le film d’animation Surf’s Up reconnaîtront Cody Maverick. Mais celui-ci est encore tout jeune, et on n’aperçoit que le dessin de ses aigrettes.

 IMG_3131                           IMG_3122

Complètement happés par le show, nous ne prêtons aucune attention au fait qu’il fasse nuit, jusqu’à ce que Stéphane, mu par une responsabilité à caractère militaire, nous encourage à entamer le retour. Le chemin de l’aller n’est plus accessible (le nombre d’otaries a doublé et si on ne voit plus leur regard, on entend leur souffle rauque un peu partout). On finit par trouver un chemin qui remonte sur la colline et rattrape la balade de la péninsule, nous ramenant au parking de l’autre côté. Une mini-rando nocturne exaltante qui clôture parfaitement cette mission accomplie.

pengooing

Les voisins, ces proches si lointains

C’est un thème récurrent chez moi les voisins. Ça va avec ma manie de zoomer et dézoomer mon inspiration. Parfois quand la muse n’est pas au pas de la porte, elle est juste à côté! Faut dire que j’ai été servie en matière de voisinage. Une famille roumaine qui casait douze personnes dans huit mètres carrés et réglait tous les problèmes en chantant (et en tapant du pied), un vieux bougre complètement sourd grâce à qui je me réveillais quotidiennement au son de Télé Matin bien avant mon alarme, les marocains dont la vie est une fête (bruyante, odorante et fenêtre ouverte). Du coup je me suis prise à rêver d’avoir un voisin sympa, qui pourrait presque devenir un pote, quelqu’un à qui je pourrais demander un œuf sans qu’il se sente agressé. Rêve devenu réalité à Montréal, où nous avons eu le super-voisin, celui qui fait des apéros musicaux et des barbecues, celui qui s’assure que vous êtes chez lui quand la soirée va déborder.

IMG_1637

Ici, on a découvert une nouvelle manière de voisiner, notamment dû au logement : cinq maisonnettes proprement alignées et toutes conçues pareil. On peut entrer par la porte-fenêtre côté rue, ou la porte arrière côté plage. À Kaikoura, cet ensemble est surnommé le chenil. Ça peut sembler péjoratif (sauf pour ceux qui savent que j’ai été un chien dans une autre vie…), mais en réalité chaque bloc a été entièrement réhabilité, et l’agence qui s’en occupe s’assure de ne prendre que des locataires sérieux pour redorer le blason du quartier (tap tap on the back).

À noter qu’un « locataire sérieux » aux yeux de l’agence ne correspond pas forcément à l’image du voisin conventionnel que vous vous imaginez. Le vieux Sid par exemple est un pêcheur australien au visage buriné, à qui il reste 3 dents à tout casser. Édenté + accent mi-aussie mi-kiwi + shooté à l’alcool à brûler = tu mérites une médaille quand tu as compris un mot. Mais ça ne l’empêchait pas d’être volubile. Un jour, on a troqué un de nos coquillages gravés contre une langouste qu’il venait de pêcher, mais la transaction s’est négociée en langage des signes.

À côté de chez Sid (et non pas du côté de chez Swann), Steve et sa femme tiennent un élevage de papillons. Chenilles et cocons n’ont plus de secrets pour nous. Ils font aussi pousser des plantes de tabac, et grâce à eux on apprend que le parfum des lys tue les poissons rouges. Ils fument chacun deux paquets de cigarettes par jour, mais nous refilent le vin qu’ils ont eu en cadeau à Noël, parce que ça, ils n’y touchent pas plus. Elle maîtrise parfaitement l’art de passer du coq à l’âne et toute conversation digne de ce nom est nécessairement supérieure à une demi-heure. Lui est un expert du salut efficace : systématique, mais rapide, poli donc pas intrusif, l’alter ego de sa femme en somme.

Avant, pendant, après
Avant, pendant, après

De l’autre côté, notre jeune voisine a grandi entre Ibiza, l’Inde et l’Angleterre, appelle tout le monde « dear » ou « darling », et combine savamment squat et rumbala (ou rave, selon l’humeur). Au début j’ai cru que ça me taperait sur le système, mais on s’y fait. On partage même nos poubelles, c’est pour dire! On est toujours convié, mais les jeunes juste-un-tout-petit-peu-moins-jeunes que nous sommes passent leur tour de temps en temps. On assume bien, surtout celui qui se lève à quatre heures du matin cinq fois par semaine pour aller voir sauter les dauphins, et accessoirement guider sur le bateau.