Tu t’es-tu sucré le bec?

Tradition québécoise, la cabane à sucre est le temple du sirop d’érable. Incontournable donc, et fortement recommandée, cette activité n’a pas seulement pour but de battre encore un record d’ingurgitation de calories, c’est aussi une immersion au cœur de la récolte de l’or en bouteille.
Dimanche dernier, Chris, Steph&I avons loué une voiture pour nous rendre au Domaine St Simon, à un peu plus d’une heure de Montréal à l’est. Après une belle traversée de la campagne québécoise (plate, et blanche) nous avons bien dû nous avouer perdus. Premier arrêt dans le village de St Simon pour interroger le seul homme visible à plus de 2 km…Malheureusement nous avons compris 1 mot sur 6 : « c’est t’y ben qu’tu tournes à drouéte au flasheur, pis l’deuxiéééme rang d’là… » Uh huh, merci!  Deuxième tentative…à peine plus déchiffrable, nous avons osé faire répéter le pauvre homme trois, quatre fois. Mais ça a payé ! On a pu trouver du premier coup après ça.
Le déjeuner-brunch au Domaine sera une belle récompense. Grande tablée, plats à volonté (aïe aïe aïe…), tout est copieusement arrosé de sirop d’érable : les œufs brouillés, les patates, les saucisses, le jambon, les oreilles de crisse, le pâté, la salade coleslaw…en dessert ils nous servent des grand-pères : une sorte de pâte frite dans du sirop d’érable et servie dans son jus. Arrivés au café on avait (passez-moi l’expression) les dents du fond qui baignaient…mais la serveuse nous convainc qu’il reste ben un peu d’place pour la tire à la neige !! Et là on se regarde, et on doute. La tire à la neige…un tour de luge ? Sans luge peut-être ? On va chasser des écureuils ? NON…la tire à la neige (ou la neige à la tire comme s’obstinait à dire Stéphane) ce sont des sucettes d’érable. Des boules de sucre pur, en d’autres termes. Claude, le cabane-à-sucrier, verse des petits pâtés de sirop sur la neige, puis avec un bâtonnet on enroule la pâte pour la sucer.
S’en suit la balade autour du domaine sur un char tiré par des chevaux (canadiens, naturellement) et la révélation du secret de la récolte :
Les acériculteurs collectent l’eau d’érable au début du printemps, pendant le dégel. Toute la sève gelée est montée pendant l’hiver, et elle coule en se réchauffant. L’eau d’érable est ensuite portée à ébullition, pour en extraire les quelques pour-cents de sucre pur. Il faut environ 40 litres d’eau d’érable pour 1 litre de sirop. La couleur et la viscosité dépendent de l’arbre et de la technique d’ébullition.
Nous avons quitté le domaine peu avant 4h et avons repris la route en direction de Trois-Rivières, au Nord de Montréal. Initialement fréquentée par les algonquins, Trois-Rivières est la 2ème plus ancienne ville du Québec. Son nom est né d’une illusion d’optique. Il fait référence aux trois canaux que la rivière St Maurice forme à son embouchure avec le fleuve St Laurent.

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